Le voilà qui s'avance vers moi. Ca fait si longtemps que ce n'était pas arrivé... Il est beau, je sens que je vais défaillir. Pourtant je lui ai ouvert ma porte, innocente, pure et dénuée de toute idée déplacée. Absolument certaine qui ne se passerait plus jamais rien entre nous. Nostalgique je pense en le regardant, il n'a pas changé... En silence, ses yeux semblent me demander : "Ca fait combie nde temps qu'o ns'est pas vus, toi et moi ?" Je soupire. Ca fait si longtemps, trop longtemps... (Ma main, nerveuse, passe dans ems cheveux et mon doigt entortille une boucle). L'espace d'un instant, la tête me tourne et mon ventre se crispe sur l'envie impérieuse que je ressens le besoin d'assouvir. Il faut que je me lève et que je marche. Oui, voilà c'est ça : marcher. Surtout ne pas rester dans le même périmètre que lui. M'éloigner. Penser à autre chose. Je sens que si je ne m'asperge pas d'eau froide sur le visage, je vais me jeter sur lui comme une folle. Mais qu'es tce que je raconte ? Je suis folle. Je le regarde, il me regarde aussi. Il me fixe même de ce petit air arrogant qui semble dire " Je sais que tu as envie de moi - elles ont toutes envie de moi - n'essaie pas de résister... Allez viens." Il m'a dit "viens" ? Je meurs. Assise sur le canapé, je me rapproche de lui. Lui ne bouge pas, continuant de me contempler d'un air narquois. Salaud va. Il m'attend, souriant, triomphalement. Il sait qu'il m'a eue. Soudain je me lâche, je n'ai plu aucun contrôle sur moi-même. Je lui saute dessus ! Adieu bonne conscience, je t'aimais bien. C'est mon drame. Ma main impatiente le saisit brusquement et déchire d'un coup sec le carton marqué du sceau fatidique "Häagen-Dazs parfum vanille noix de macadamia" (Les meilleurs).

